mardi 7 janvier 2014

Retour sur l'année 2013 pour bien démarrer 2014

2013, année maudite pour le BTP, des espoirs de relance pour 2014 (crédit : Freepik.com)
Ca y est. L'année 2013 vient de se terminer et est, malheureusement, à marquer d'une pierre noire : chômage, défaillance d'entreprises, activité en baisse... Retour sur une année éprouvante au travers des cinq articles les plus lus. Une bonne occasion, également, d'évoquer les problèmes conjoncturels comme les tendances lourdes de l'année à venir.

N°5 : Les fabricants d'isolants essayent de laver plus vert que blanc


Le but de cet article était de dénoncer les déviances de la communication verte, qui peut s'avérer dans bien des cas mensongère, partielle ou cherchant à dissimuler d'autres pratiques plus que douteuses du point de vue écologique. C'est qu'on appelle le "greenwashing" ou encore "l'éco-blanchiment", une pratique à laquelle ne rechignent pas certaines entreprises du secteur du BTP. Paradoxalement, ce  phénomène recèle aussi une dimension positive car il montre que les industriels ont pris conscience de l'importance d'intégrer le respect de l'environnement dans leurs pratiques. Une tendance lourde qui ne devrait pas s'inverser et qui se caractérise également par l'importance grandissante des certifications (BBC, LEED, BREEAM, etc.), de l'écoconditionalité ou encore de l'autoconsommation.

En 2014 :

Il va sans dire que les cas de greenwashing vont continuer de se multiplier en 2014. Pour autant, l'opinion publique comme les pouvoirs publics sont de plus en plus conscients des déviances de la communication verte. Les associations écologistes et de consommateurs sont plus promptes à dénoncer le phénomène. Les organismes étatiques, comme l'ADEME, publient aussi régulièrement des mises au point et des guides qui incitent les entreprises à plus de modération.

N°4 : Enjeux de l'innovation et de la certification dans l'isolation : le cas Actis



Le cas Actis est symptomatique des déficiences du secteur du BTP en France pour intégrer les meilleures innovations, au contraire d'autres pays comme le Royaume-Uni et l'Allemagne. Cela est d'autant plus incompréhensible que certains produits sont d'un intérêt prépondérant pour la lutte contre le réchauffement climatique ou la réduction de la facture énergétique des consommateurs. Les raisons de ces obstacles sont multiples : réglementation contraignante qui ralentit considérablement la certification des produits, lobbying des concurrents installés auprès des organismes certificateurs, etc. Résultat : des produits innovants subissent un blocage qui nuit à l'intérêt général et provoque leur disparition ou leur exil dans des terres plus accueillantes.

En 2014 :

Le gouvernement avait annoncé en 2013 un grand "choc de simplification", censé réduire les barrières réglementaires qui bloquent de nombreux projets immobiliers et procédés innovants. Mais malgré les effets d'annonce, rien n'a été fait et la réforme d'organismes publics (comme le CSTB) ne semble pas être à l'ordre du jour.

N°3 : Le ciment de la colère : manifestation de la CAPEB



On ne compte plus les manifestations et mobilisations des professionnels du BTP en 2013. Avec les contrecoups de la crise, les sujets de mécontentement ont été nombreux : chômage, hausse de la TVA dans la construction, augmentation de la pression fiscale, lutte contre la concurrence déloyale des entreprises étrangères et des autoentrepreneurs. Les artisans comme les industriels du bâtiment ont fait savoir au gouvernement que leur situation devenait de plus en plus précaire

En 2014 :

Malgré les velléités du gouvernement, les motifs de grogne n'ont toujours pas disparu. Et faute de croissance, on ne voit pas comment la pression fiscale et le chômage pourraient retomber à des niveaux acceptables. Face à la question de la concurrence déloyale, le gouvernement tergiverse également, pris entre les réglementations européennes et la réaction des autoentrepreneurs. Bref, sans perspective de relance franche, les motifs de mobilisation seront malheureusement encore nombreux en 2014.

N°2 : Le BTP et la révolution numérique



La révolution numérique commence à aborder petit à petit le secteur de la construction. En effet, des outils, tels que la maquette numérique, prouvent leur intérêt pour les professionnels du bâtiment. Pour autant, de nombreuses sociétés restent encore rétives face à ces innovations, par peur, par conservatisme ou encore par manque de moyen pour investir. Alors que la révolution numérique continue sa marche implacable, les professionnels du BTP peinent à s'approprier les outils qui en découlent, au risque de perdre en compétitivité. Dans ce domaine, il y a urgence !

En 2014 :

"Si tu ne prends pas le virage du numérique, tes concurrents le prendront pour toi" : appliquée à la firme Kodak, qui n'avait pas su saisir l'importance de la révolution numérique et son impact sur son activité (la production de pellicule photo...), cette maxime sied bien à certaines sociétés du BTP qui refusent encore d'y investir, malgré la pression de leur concurrent. Tout l'enjeu de 2014 sera d'ailleurs d'en faire la promotion auprès des PME et TPE, majoritaires dans le secteur et qui doivent absolument investir pour rester compétitives.

N°1 : Le micmac de la ouate de cellulose



Au départ, ce ne devait être qu'une simple question technique de certification, à savoir si la ouate de cellulose contenant des sels de bore ou d'ammonium est dangereuse pour la santé et efficace pour lutter contre le feu. Mais rapidement, les décisions contradictoires des organismes certificateurs révèlent des problèmes bien plus profonds : manoeuvres de déstabilisation à l'intérieur et à l'extérieur de la filière, lobbying intense des concurrents, organismes certificateurs sous influence, etc. L'affaire de la ouate de cellulose est bel et bien trouble.

En 2014 :

Difficile de dire quelles en sont les conséquences. Certes, il semblerait que le statu quo ait été obtenu. Cependant, de nombreux professionnels de la ouate de cellulose ont pâti de cette situation et pourraient être amenés à demander des comptes. D'autre part, cette affaire - certains diront scandale - n'a pas entraîné la nécessaire remise à plat du système, qui profite pour l'instant aux grands industriels plutôt qu'aux PME innovantes, comme le montre le cas Actis. Cela changera-t-il en 2014 ? Rien n'est moins sûr. Il faudrait probablement une affaire encore plus importante pour bouleverser ce petit monde bien installé.


Au final, 2013 reste une année noire pour le BTP, dans la continuité des difficultés rencontrées par le secteur à la fin de 2012. Il ne semble pas que la faible relance attendue en 2014 change le quotidien des artisans et des entrepreneurs. La plupart des problématiques identifiées n'a en effet pas été résolu, soit en raison de l'indigence du gouvernement à prendre des solutions radicales, soit par l'inertie des organisations professionnelles et les industriels du BTP.

Quoi qu'il en soit... Bonne année quand même !

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